Choqa Zanbil, au cœur de l’Elam 1/2.

      Au cœur d’un paysage de palmiers et de collines rouges surgit une construction massive. Ce sont les vestiges de la plus grande ziggurat de la région, et la seule en dehors de la Mésopotamie. Je retiens mon souffle. Ce qui se dresse au bout du chemin est, pour moi, la chose la plus emblématique et fascinante de l’Antiquité. Une ziggurat est un édifice religieux à degrés constitué de terrasses superposées avec un temple à son sommet. Le terme vient de l’akkadien « ziqqurratu(m) » signifiant « élevé ». La tour de Babel du récit biblique fut inspirée par la ziggurat de Babylone. Babili(m), Babel, « porte des dieux », devient Babylone en grec.

      Nous nous approchons du complexe, œuvre de l’une des premières civilisations du monde, celle des Élamites. D’une hauteur originale de soixante mètres, aujourd’hui il n’en reste que vingt-cinq. Au final c’est par ce qui subsiste que je me rends compte de l’importance de ce qui n’est plus.

     Sur place, cinq cents briques gravées de textes cunéiformes furent découvertes lors des fouilles entre 1950 et 1960. Elles mentionnent le nom du souverain, décrivent la fondation de la cité et ses principaux édifices. C’est ainsi que nous savons que la ville sainte s’appelait Dur Untash, « la forteresse d’Untash », du nom du roi, qu’elle fut fondée vers 1250 avant notre ère, que le complexe religieux se nommait Dûr-Untash-Napirisha, « la forteresse de Untash-Napirisha » et que la ziggurat était le cœur d’une grande ville d’une superficie de cent hectares, entourée d’une formidable enceinte concentrique percée de sept portes.

     La cité fut éphémère et la ziggurat resta inachevée comme l’attestent ses milliers de briques inutilisées. Les œuvres précieuses furent transférées à Suse où fut retrouvée la statue de la reine Napirasu, épouse d’Untash, aujourd’hui au musée du Louvre (voir publication d’hier). Dur Untash resta habitée seulement par des prêtres jusqu’à sa destruction par le roi assyrien Assurbanipal en 640 avant notre ère.

     Le soleil darde ses rayons ardents sur les briques. Elles prennent une chaude teinte rouge et irradient la chaleur emmagasinée dans la journée… 

(Novembre 2000. Extrait de la série TAPIS MAGIQUE – Voyage en Orient.)
Texte et photos : Annette Rossi

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Choqa Zanbil, au cœur de l’Elam 2/2.

 

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