Cnossos 6/6

Grèce, Crète, Cnossos, espace de purification. Juin 2011.
Grèce, Crète, Cnossos, vestiges des premiers palais. Juin 2011.

Cnossos, entre mythe et réalité

 

      Dans l’aile nord, nous passons devant l’espace de purification. Chaque visiteur pénétrant dans le palais, procédaient ici à leurs ablutions. Nous nous attardons au bureau des douanes. Image emblématique du site, trônant au point culminant, il domine l’ensemble des vestiges. J’admire les colonnes rouge dites renversées, car elles ont une base plus petite et un sommet plus large et la fresque d’un taureau sous un incomparable ciel bleu. Je contemple les gradins du théâtre songeant aux artistes qui se sont produits ici et aux spectateurs qui les applaudissaient.

     La chaleur s’abat sur le site, mais impossible de s’arracher des lieux. Pour l’instant nous sommes encore seuls alors nous profitons de ces précieux moments de solitude.

     Nous vaguons au hasard dans le labyrinthe qu’est le palais de Cnossos. Sommes-nous au cœur de ce symbole fascinant qui matérialise l’Univers, la figuration du Cosmos ? Sommes-nous sur le chemin qui doit mener vers un trésor spirituel au cœur de soi ? Circulaire ou carré, insaisissable, le labyrinthe symbolise un voyage sur un tracé sinueux, parsemé de pièges, de fausses pistes et d’impasses. C’est à chacun d’y forger son destin. L’aura du labyrinthe plane sur les vestiges, hante les couloirs, apaise les esprits.

     Je pense à Arthus Evans, l’archéologue passionné qui souhaitait redonner vie à Cnossos. Qu’a-t-il éprouvé en réalisant qu’il venait de dévoiler au monde la première grande civilisation européenne ? Peut-on lui reprocher son obsession et ses rêves en voulant matérialiser une chimère ? Evans était un pionnier de l’archéologie justement à cause de ses erreurs. Grace à lui, le site est un ensemble d’hier et d’aujourd’hui. Spectaculaire et en même temps d’une émouvante simplicité. Un endroit unique qu’on aime ou pas. Un endroit qui incite au rêve, au fantasmes, qui permet au profane d’accéder au raffinement d’une cité disparue il y a plus de 3000 ans. S’imaginer, ne serait-ce qu’un instant, évoluer à la cour des souverains minoens. À Cnossos règne une étrange osmose entre les vieilles pierres ocre et couleurs chatoyantes. Et finalement, la présence d’éléments tangibles n’est pas perçue comme un manque mais comme un atout.

     Le soleil, haut dans le ciel, darde ses rayons ardents sur les ruines et nous descendons les marches vers l’extrémité sud-est du palais où nous nous réfugions à l’ombre des arbres. Les feuilles argentées des oliviers brillent, les aiguilles de pins tapissent le sol que mes yeux fouillent à la recherche d’un tesson, une pièce. Puis, assis sur une vieille pierre, j’analyse. Entre indignation d’avoir touché aux vestiges originaux et admiration pour la réalisation effectuée, entre perplexité et enthousiasme, je me rends compte que j’aime le site tel qu’il est. Il excite mon imagination, nourrit ma connaissance. Il enrichi mes souvenirs.

 

Juin 2011. Extrait de la série TAPIS MAGIQUE – Terre des Dieux.


Texte et photos : Annette Rossi

Grèce, Crète, Cnossos, le théâtre. Juin 2011.
Grèce, Crète, Cnossos, les douanes. Juin 2011
Grèce, Crète, Cnossos, sud-est du palais. Juin 2011.

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