Karnak 1/2, domaine des dieux

Entrée de Karnak, dromos de sphinx puis deuxième pylône

      L’aurore baigne les pentes douces et les champs fertiles dans une lueur ambrée. Le Nil, d’un bleu profond, scintille. À l’horizon la montagne est aride et truffée des hypogées des pharaons. La sérénité du ciel et la pureté de l’air à cette heure matinale donnent à Louxor une dignité silencieuse. Bientôt, le soleil, suivant sa trajectoire, va engendrer sur le paysage des couleurs changeantes qui captent les regards et enivrent les sens. C’est le moment pour nous de nous rendre à Karnak. Nous avons visité les temples de nombreuses fois, mais comment résister à un nouveau rendez-vous avec les dieux ? Premier jour d’ouverture après des mois d’isolement, avec les billets d’entrée à moitié prix, nous découvrons le plus grand complexe religieux de l’Antiquité dans la solitude. Face au premier pylône, je retiens mon souffle. Pas âme qui vive ! Aucun bruit, aucune silhouette rompt la majesté des lieux.

Nous franchissons pylône après pylône, traversons cours et couloirs, déambulons à travers des forêts de colonnes, contournons obélisques, admirons bas-reliefs et sculptures et découvrons des temples habituellement fermés mais que les gardiens s’empressent de nous ouvrir exceptionnellement. Nous évoluons dans un monde oublié, silencieux. Quelle extraordinaire et étrange sensation : nous sommes les seuls et uniques visiteurs de Karnak ! Le domaine d’Amon nous tolère et nous dévoile ses mystères et ses secrets…

      La salle hypostyle située entre le deuxième et le troisième pylône est une véritable forêt de papyrus de pierre constituée de trente-quatre colonnes immenses qui se livrent dans un délicat jeu d’ombres et de lumières éclairant les reliefs sur les murs. C’est la partie la plus célèbre du temple. Nous bifurquons à droite où de récentes découvertes ont été déposées. Des blocs de pierre sculptés parfois avec de surprenantes détails. Dans ce secteur se trouve le temple de Khonsou. Son portail, la porte d’Evergète, est le départ de l’allée des Sphinx qui relie Karnak au temple de Louxor sur une distance de trois km. Dans la petite salle hypostyle, un babouin nous guette. Un gardien nous hèle et nous ouvre le sanctuaire d’Opet, la déesse hippopotame protectrice des naissances. Un vestibule avec des colonnes hathoriques mène aux salles ayant conservées de magnifiques reliefs polychromes.

Karnak, temple de Khonsou.

Karnak, temple d’Opet.

      Après une petite pause près du lac sacré, nous poursuivons notre exploration. Nous nous attardons, émerveillés, autant par le site que par l’atmosphère insolite mais quand le soleil est au zénith et les températures atteignent les 42°C, nous jetons l’éponge et nous rentrons sur la dahabeya en attendant que la chaleur s’estompe. Car les dieux de Karnak nous attendent pour nous dévoiler davantage de merveilles…

 

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