L’Empire parthe et la cité antique de Nisa

      L’antique cité de Nisa, au sud-ouest d’Achgabat, est magnifiquement située au sommet d’une colline adossée contre les montagnes du Kopet-Dag. Les vestiges de murailles qui entourent le plateau furent autrefois des remparts et quarante-trois tours qui protégeaient le palais et les temples. Arrivés au sommet, nous sommes face à un énorme terrain vague, l’herbe brûlée par le soleil, des murs effondrés et des tranchées.

     Nisa fut la capitale de l’Empire parthe qui domina la région du milieu du IIIe siècle avant Jésus-Christ jusqu’au début du IIIe siècle de notre ère. Au IIIe siècle avant Jésus-Christ, des tribus scythes venant de la région de la mer d’Aral, s’installent en Parthie. Conduites par Arsace, qui donnera son nom à la dynastie, ces nomades vont profiter de la faiblesse des Séleucides, les successeurs d’Alexandre le Grand, pour installer leur autorité sur toute la région. Nisa est la première capitale des Parthes et centre religieux de l’empire. La ville forme un rempart contre l’expansion romaine. Située au carrefour des routes nord-sud et sud-ouest, elle devient un centre important pour le commerce. Les vestiges témoignent de l’interaction entre les cultures de l’Asie centrale et de la Méditerranée.

      Nous nous baladons. Malgré les ombres qui s’allongent, la chaleur est toujours intense. Dans les ruines des bâtiments, nous découvrons les restes de piliers trilobés en brique, un pied de colonne sur une base carrée et quelques niches dans de hauts murs.

     Une équipe d’archéologues italiens travaillent sur le site. Nous discutons des excavations avec eux. Ils nous éclairent sur la composition du site, puis nous invitent à les suivre vers l’espace carré qui fut la salle du trône du palais royal. Ils y déterrent une partie d’un seuil pour nous montrer un ornement sculpté avant de le protéger à nouveau. Cette salle, où ont été découverts une quarantaine de rhytons en ivoire de style grec, est le premier exemple connu d’un plan cruciforme à quatre iwans, adopté plus tard par l’architecture musulmane pour la construction des palais, des mosquées et des médersas. Nous passons une heure agréable et surtout très instructive en compagnie des Italiens. Lorsque nous quittons le site, les adieux sont chaleureux.

     Quatre jours plus tard, nous les retrouverons à la télévision turkmène qui diffuse une émission sur Nisa et son équipe d’archéologues… 

~~~

Juin 2005. Extrait de la série TAPIS MAGIQUE – La route de la soie.

Texte et photos : ©AnnetteRossi

~~~

L’univers d’Annette Rossi sur son site: https://annetterossi.fr
Et sur Facebook : https://www.facebook.com/annette.rossi.353

Carnets de voyage par Annette Rossi

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *