LES DÉCOUVERTES LES PLUS IMPRESSIONNANTES JAMAIS FAITES À ABYDOS

 

      Abydos : l’un des sites où les sources foisonnent pour décrypter l’histoire de l’Égypte ! Des fragments de poterie, des étiquettes d’ivoire, des pierres… qui permettent aux chercheurs de remonter le temps de l’organisation politique, religieuse, économique, sociale, et de la formation de l’écriture… La découverte d’un sceau de la fin de la IIe dynastie (époque thinite), sous le roi Khâsekhemoui, sa description, sa modélisation 3D, sa mise à disposition par base de données aux chercheurs du monde entier… tout cela constitue l’archéologie moderne au service d’une Histoire à compléter et à améliorer sans cesse. Et tout ce qui est lu sur les temples, sur les papyrus, dans les tombes, sur les mobiliers funéraires, ainsi que leur signification originelle et leur évolution au fil des siècles, TOUT, tout part de ces recherches, sur cette époque et sur les périodes antérieures. 

 

      Vous saisissez, c’est impressionnant? Comme dans les impressions de sceaux de 5000 ans à l’aube de l’histoire enregistrée (Fig. 1). Comme dans les formes séduisantes des anciennes pensées de quelqu’un imprimées dans de l’argile et ensevelies pendant cinquante siècles. Comme dans le pouvoir de ces pensées de sortir de la nuit des temps et de nous impressionner encore à l’ère du cloud. 

 

Fig. 1. Impression de sceau datant du règne du roi Khasekhemwy (environ 2700 av. J.-C.) in situ. Photo: Ayman Damarany © Expédition North Abydos 2019

 

      L’un des aspects les plus passionnants des fouilles de cette saison dans le cimetière d’Abydos Nord a été la découverte – sous le talentueux contrôle de l’archéologue et de l’égyptologue Mohamed Abu el-Yazid (figure 2) – d’un grand nombre d’empreintes de sceaux de la deuxième dynastie datant du règne du roi Khasekhemwy (vers 2700 av. J.-C.), constructeur de l’enceinte monumentale culte connue aujourd’hui sous le nom de Shunet el-Zebib. Ces empreintes de sceaux, découvertes lors des fouilles effectuées à l’extérieur de la porte de l’angle Est du monument et entreprises dans le cadre du programme exhaustif de documentation et de conservation architecturale en cours au Shuneh, témoignent du but et de la fonction rituelle du monument dans le premier État et la société égyptienne (Fig. 3,4). 

 

Fig. 2. L’archéologue Mohamed Abu el-Yazid enregistre des découvertes dans la maison de campagne d’Abydos. Photo: Wendy Doyon © Expédition North Abydos 2019

 

Fig. 3. Détail des empreintes de phoques de la deuxième dynastie découvertes au Shunet el-Zebib. Photo: Wendy Doyon © Expédition North Abydos 2019

 

Fig. 4. Fouilles tôt le matin en cours à l’extérieur de la passerelle du coin est du Shunet el-Zebib cette saison. Photo: Ayman Damarany © Expédition North Abydos 2019

 

Fig. 5. Vue de la monumentale Shunet el-Zebib dans le paysage désertique d’Abydos. Photo: Greg Maka © North Abydos Expedition 2012

 

      Il est difficile d’imaginer ce qui s’est passé il ya cinq mille ans au beau milieu des vestiges balayés par les vents de ce bâtiment sur le paysage désertique, qui ressemble à une forteresse. (Figure 5). En fait, le Shuneh a longtemps été pris pour une forteresse. Mais ce sont des découvertes comme celles-ci qui nous aident à comprendre l’histoire des légendes.

 

Fig. 6. Restes de la passerelle d’origine dans le mur nord-est du Shunet el-Zebib. Photo: Greg Maka © North Abydos Expedition 2012

 

      Ces morceaux d’argile scellés avec des empreintes hiéroglyphiques ont été retrouvés là où quelqu’un les a laissés sur le sol, juste à l’extérieur de la porte originale, sous la Seconde Dynastie, dans le mur nord-est de Shuneh (Fig. 6). Ce sont les vestiges matériels de l’activité humaine dans le bâtiment sous le règne de Khasekhemwy: ils résultent de l’ouverture de récipients scellés, tels que des vases, des boîtes et des sacs en céramique, dont le contenu était utilisé comme offrande dans les rituels du culte du roi, ainsi que le scellement et le descellement du cachet d’une porte en bois – selon toute vraisemblance LA porte du monument – alors qu’il était utilisé activement vers 2700 av. Ils font également partie d’un ensemble beaucoup plus vaste d’éléments de preuve d’activités rituelles sur le site au cours du règne du roi Khasekhemwy, ce qui est présenté dans un nouvel article d’Adams dans le volume Abydos, qui paraîtra cette année chez Peeters (nous en parlerons bientôt!).

 

      Leur découverte cette saison, lors de la phase de test de notre nouveau programme de modélisation 3D sur le terrain, était particulièrement excitante, car elle offrait l’occasion de capturer des données 3D en temps réel au fur et à mesure que les empreintes de sceau étaient révélées lors des fouilles. Les empreintes de sceau, en particulier, sont des objets complexes en trois dimensions, difficiles à documenter complètement dans des représentations en 2D telles que des dessins et des photographies (figure 7). Et parce que la véritable histoire de leur utilisation provient de l’arrière de l’objet, où l’on peut trouver des impressions sur les applications des scellements, la possibilité de capturer la totalité en 3D de chaque pièce cette saison signifie qu’elles peuvent être très soigneusement analysés par les chercheurs dans le futur. Les représentations numériques sont également plus facilement diffusées que les formes traditionnelles de documentation archéologique. Notre programme de modélisation 3D a également pour objectif de créer une collection en ligne de matériaux mis au jour à Abydos. 

 

Fig. 7. Les empreintes de phoques comme celle-ci, photographiées in situ, sont des objets complexes en trois dimensions qui bénéficient grandement des nouvelles méthodes de documentation archéologique. Photo: Ayman Damarany © Expédition North Abydos 2019

 

      En l’absence d’un disque écrit solide datant de l’époque des premiers rois d’Égypte, ces fragments de terre séchée sont parmi les indices les plus précieux que nous ayons pour comprendre le monde tel qu’ils le connaissaient (fig. 8-11). Ce sont des messages dans la boue qui ont traversé un vaste océan de temps. Maintenant, c’est impressionnant….

 

Fig. 8. Fragment d’une empreinte de sceau dans le laboratoire d’artefacts situé dans la maison de campagne d’Abydos. Photo: Wendy Doyon © Expédition North Abydos 2019

 

Fig. 9. Les empreintes de scellés sont examinées et traitées pour le stockage des collections à Abydos. Photo: Wendy Doyon © Expédition North Abydos 2019

 

Fig. 10. Détail des empreintes de phoques en cours de traitement au poste de travail Abydos. Photo: Wendy Doyon © Expédition North Abydos 2019

 

Fig. 11. Les archéologues Mohamed Abu el-Yazid et Matthew Adams examinent les empreintes de phoques dans le laboratoire. Photo: Wendy Doyon © Expédition North Abydos 2019

 

Source : Abydos archéologie

 

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