Malia, importante ville minoenne

      Cap vers l’est ! Nous suivons la côte nord de la Crète. Une brise fait frémir les lauriers-roses et les genêts sur le bord de la route. La mer est mouvementée. Les vagues déferlent sur l’immense étendue bleu saphir, l’écume forme des lignes blanches sur cette imposante masse mobile. Une heure plus tard, nous traversons la ville de Malia. Station balnéaire tapageuse, dense enchainement d’hôtels, de restaurants et de boutiques, elle est arpentée par des hordes de touristes. Nous quittons le centre urbain et immédiatement l’animation retombe.

Nous pénétrons dans une petite plaine. C’est ici qu’en 1915 le Crétois Joseph Hadzidakis découvrit des vestiges d’une cité antique. Dès les premiers coups de pioche, il met au jour des objets magnifiques dont le célèbre pendentif de deux abeilles transportant une goutte de miel. Les céramiques, les armes d’apparat et les bijoux en or trahissent une influence égyptienne. Les fouilles furent interrompues par la Première Guerre mondiale mais par la suite, toute une série de savants français issue de la prestigieuse École française d’Athènes, travaille sur le site.

      La cité, une des quatre plus importantes de la civilisation minoenne avec Cnossos, Phaistos et Zakros, s’étend sur presque huit mille mètres carrés. Elle recevra le nom de la ville moderne à proximité : Malia. Nous déambulons seuls sur des chemins dallés, montons et descendons des escaliers et traversons des champs d’herbe sèche. Les vestiges du palais font apparaître un édifice monumental d’une grande complexité mais sa conception est bien plus sobre que celles de Cnossos ou de Phaistos. Les murs en brique crues ne sont pas plâtrés et sans traces de fresques. Comme dans les autres palais, les secteurs s’organisent autour d’une grande cour et les différents quartiers sont reliés par des grandes volées de marches. Le site baigne dans des nuances chaleureuses : l’ocre de la terre, l’orange des briques d’argile, le rouge senois des pierres et le rouge tomette des amphores. Dans cette mare feutrée apparaissent des éléments de calcaire appelé sidéropétra, « pierre de fer », de par sa teinte gris-bleu : bases de colonnes, blocs de taille et une kernos. Cette étonnante « pierre à offrandes » se présente sous la forme d’une grande pierre ronde de 90 cm de diamètre. Elle est munie d’une cavité centrale entourée de trente-quatre petites coupelles destinées à recevoir des offrandes à la déesse de la fertilité, généralement les premiers fruits des récoltes. Le site s’ajoute aux nombreux mystères de la civilisation minoenne. Car nous ne connaissons pas son nom antique… perdu dans les méandres de l’histoire…

 


(Juin 2011. Extrait de la série TAPIS MAGIQUE – Terre des Dieux.)
Texte et photo: Annette Rossi

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