Suse, ville multimillénaire. 2/2.

Frise des archers, musée du Louvre, Paris.

      En 1884, Marcel Dieulafoy dégage les ruines du palais. La façade était décorée de frises composées de briques vernissées, connues sous le nom de « frises des lions et des archers », aujourd’hui en partie exposées au Louvre. L’arrivée de Jacques de Morgan en 1887 marque le réel début des fouilles. Il fait construire sur la partie nord de la citadelle une grande maison de fouilles à l’aspect de forteresse appelée pompeusement « le château ». Sa méthode peu académique, se résumant essentiellement à rechercher des œuvres d’art, lui ont donné une mauvaise réputation. Avec mille deux cent ouvriers et la construction d’un petit chemin de fer, il dégage rapidement la terre, mais détruit irrémédiablement de nombreux niveaux archéologiques sur les zones fouillées de l’acropole. En contrepartie, les découvertes d’objets d’art sont fructueuses.

Code d’Hammourabi, musée du Louvre, Paris.

     En 1901, son équipe déterre le code d’Hammourabi. Réalisé en basalte vers 1730 avant Jésus-Christ sur l’initiative du roi de Babylone Hammourabi, il se présente comme une grande stèle de plus de deux mètres de hauteur comportant un long texte en langue akkadienne écrit en caractères cunéiformes. Il s’agit d’un ensemble de décisions de justice compilées, considéré comme le plus ancien code civil. Le roi Hammourabi y est représenté debout devant le dieu Soleil Shamash. Cette stèle, originaire de la Babylonie, fit partie d’un impressionnant trésor emportée à Suse vers 1150 avant notre ère par les Élamites après leur conquête de Babylone. Elle est exposée au musée du Louvre.

      Depuis 1967 c’est Jean Parrot, en étroite coopération avec les archéologues iraniens et américains, qui dirige les fouilles. Le programme de restauration du palais et de l’apadana, « salle d’audience », offre l’occasion de recherches approfondies concernant les périodes achéménides, parthes, sassanides et islamiques. En 1972, près de la porte du palais, est mise au jour une statue de Darius, une des rares statues en ronde bosse de l’époque achéménide. Sculptée en Égypte, représentant le souverain, unique en son genre, elle est ornée d’inscriptions hiéroglyphiques et cunéiformes.

     Ainsi, la renommée de Suse resurgit à travers ces somptueuses œuvres antiques…

(Juin 2011. Extrait de la série TAPIS MAGIQUE – Terre des Dieux.)
Texte et photo: Annette Rossi

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