LES NAVIRES DE L’ANTIQUITÉ

      L’Antiquité marque l’Histoire par de nombreuses avancées, l’apparition de l’écriture, l’essor des mathématiques, la maîtrise de l’agriculture et des métaux, la construction d’ensemble monumentaux mais également le développement de la marine marchande ainsi que des navires de guerre indispensables à la naissance des grands empires du bassin méditerranéen.

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Retraçons l’histoire des différents navires suivant les civilisations et périodes de l’Antiquité :

Les navires égyptiens antiques dont la barque solaire…

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…était surement le premier grand navire dans l’Histoire, les Égyptiens, il y a 5000 ans, ont déjà une parfaite maîtrise de la construction des voiliers, comme les célèbres felouques. Enfouie depuis environ 4500 ans, la célèbre barque solaire, la barque funéraire de Khéops, dont on a retrouvé un exemplaire remarquable, devant la pyramide de Gizeh. La barque, en bois de cèdre, à bordage cousu, mesure 43,5 m de long, sa proue s’élève à 5 m et sa poupe à 7 m.

Felouque devant le temple de Philae, créateur Michel Guyot

Nom,  classification des bateaux antiques et galères :

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La monère comporte une seule rangée de rameurs. 

– La dière comporte deux rangées de rameurs. 

– La trière comporte trois rangées de rameurs.

– La tétrère (quadrirème) comporte quatre rangées de rameurs. 

Elle apparaît en Méditerranée dès le IVe siècle avant J.C. 

– La pentère (quinquérème) comporte cinq rangées de rameurs. 

– L’hexère comporte théoriquement six rangées de rameurs, etc.

La trière grecque

La trière grecque…

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…est une galère de combat antique, peuvent prendre place à son bord 170 rameurs étagés sur trois rangs, d’où son nom. La trière grecque ou trirème romaine, Il s’agissait d’un bateau rapide (jusqu’à 7 à 8 noeuds et plus à la rame) et bien manoeuvrable, elle permet le développement de la manœuvre d’éperonnage grâce au rostre de bronze ou éperon monté sur sa proue, technique qui donne lieu aux premières batailles à caractère réellement naval. Les trières apparaissent en Ionie et deviennent le navire de guerre dominant en Méditerranée de la fin du VIe au IVe siècle av. J.-C. Elles sont surclassées durant l’époque hellénistique par des navires de combat plus lourds, puis suffisent aux besoins de l’Empire romain après la pacification de la Méditerranée.

Rostre ou éperon d’une Trière grecque

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éperonnage, bataille navale antique

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LES NAVIRES PHENICIENS, suite

Reconstruction d’un navire de guerre phénicien du VIIe siècle avant J.C. – Museo del Mare e delle Navigazione Antica, Santa Marinella, Italie- Photo Demasy Roger

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Trière phénicienne, British Museum

Trières et navires de guerre phéniciens

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      Alors que ces navires grecs, à l’époque de la bataille de Salamine, qui voit l’alliance des cités-États grecques, dirigée par Thémistocle, affronter l’Empire perse, mené par Xerxès Ier. Cette bataille navale se déroule en 480 av. J.-C. les trières grecques n’embarquaient qu’une dizaine d’hoplites et quatre archers sur leur pont étroit, les ponts bien plus larges des trières phéniciennes pouvaient contenir au moins une quarantaine de soldats équipés. Mais leur poids contribuait à l’instabilité des navires par grand vent de travers, d’autant que leurs ponts étaient très élevés par rapport à ceux des Grecs.

Scène de bataille navale antique, peinture de Steve Noon

Le brûlot…

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… est une arme qui a été utilisée dès l’Antiquité. 

Thucydide rapporte ainsi que les Syracusains, en 415-413, venaient de prendre dix-huit navires aux Athéniens et que, pour détruire le reste de leur flotte, ils envoyèrent contre elle un vieux cargo rempli de sarments et de bois de pin enflammés. Les Athéniens réussirent à éteindre les flammes.

Brûlot antique

      Selon Arrien, durant le siège de Tyr par Alexandre, les défenseurs envoyèrent, avec succès, un navire portant aux bouts de sa vergue des « pots à feu » afin d’incendier les machines de siège du Macédonien. 

      César rapporte que, durant la guerre civile, Cassius lança contre une partie de sa flotte des navires marchands chargés de résine, de poix et d’autres matières inflammables. Trente cinq navires furent incendiés.

LES NAVIRES ROMAINS ET CARTHAGINOIS, suite

Maquette de trirème romaine

Une Quadrirème Romaine, première guerre Punique, 260 av.JC.

Une Quinquérème Romaine, Rome impériale, 68 ap.J.C.

Trirèmes, Quadrirèmes et Quinquérèmes carthaginoises et romaines

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      Au début du IIIe siècle avant J.-C., Rome, occupée à élargir sur terre « son pré carré », n’était pas encore une puissance maritime. Et quand survint la première guerre punique contre Carthage vers 265, elle n’avait pas de flotte de guerre digne de ce nom et dût faire appel à ses alliés maritimes (Tarentins, Locriens, etc.) pour qu’ils aident ses troupes à traverser le détroit de Messine. 

Selon POLYBE, c’est à ce moment que les Carthaginois perdirent une quinquérème qui s’échoua et tomba aux mains des Romains. C’est toujours selon POLYBE probablement un peu naïf que ce navire aurait servi aux Romains de modèle pour construire leur flotte.

Au cours du IIe siècle avant J.-C. et de l’Empire, Rome développa une marine formidable dans la conquête du reste du bassin méditerranéen.

Les Romains inventèrent à l’avant du navire un engin appelé corbeau (corvus) qui leur permit de transformer une bataille navale en combat terrestre entre combattants directement affrontés.

Une trière Punique, appartenant à la flotte de Carthage, première guerre Punique. ( 250 av. JC. ) Noter les éléments caractéristiques comme le rostre en pointe, et la corne arrière et la demi-lune sacrée.
Engin appelé corbeau (corvus) qui permit aux romains de transformer une bataille navale en combat terrestre

LES DRAKKARS, suite

A la lisère de l’Antiquité, on évoque forcément les vikings et leurs fameux drakkars.

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      On sait maintenant que dès le IIIe siècle de notre ère, et probablement avant, les peuples du Nord pratiquaient la navigation sur une grande échelle. Les archéologues ont retiré d’un marais danois, le Nydam Mose, un navire de chêne avec une coque non pontée faite de planches se chevauchant bord à bord, une proue et une poupe dressées symétriquement qui datait des environs de l’an 350, à l’âge du fer, et ressemblait déjà à un bateau scandinave.

Leurs expéditions de piraterie contribuèrent au Moyen-Âge à confirmer leur réputation de violence sanguinaire. Ils se mirent à massacrer et à piller les villes et villages des îles et des rivages de l’Angleterre, de l’Écosse, de l’Irlande, de la France, remontant les fleuves comme la Tamise, la Seine et la Loire, le Rhin, visant particulièrement les monastères car c’étaient eux qui renfermaient les plus grandes richesses. Ils allèrent jusqu’à mettre le siège devant Paris, attaquèrent également Rouen et Nantes en France et, en 844, s’engagèrent sur le Guadalquivir pour attaquer Séville en Espagne.

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Les vikings et leurs fameux drakkars

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Leurs navires étaient des drakkars d’une vingtaine de mètres de long dont les coques étaient formées de  bordages en chêne qui se chevauchaient et étaient fixés par des rivets de métal. Leur proue, en col de cygne, se terminait par une tête de dragon ou de rapace. Ces navires, souples et élégants, comportaient quinze ou seize avirons de chaque bord, un mât amovible au milieu du bâtiment et une voile carrée en laine. Ils étaient munis d’une rame-gouvernail latérale à l’arrière et pouvaient filer à plus de dix noeuds en se faufilant dans les vagues comme des anguilles. Leur faible tirant d’eau leur permettait de s’introduire dans n’importe quelle vallée fluviale et de surgir à l’improviste en jouant sur l’effet de surprise….. et même de crainte du fait de leur réputation de férocité.

Drakkars

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4 thoughts on “LES NAVIRES DE L’ANTIQUITÉ

  1. Un article de qualité, remarquablement illustré. Il serait utile, je crois, d’y décrire le procédé consistant à y employer deux rames au lieu d’un gouvernail pour le diriger, ainsi que ses avantages pour la pratique de certaines manoeuvres.

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