Notre chemin nous mène aujourd’hui à la contemplation d’un curieux rocher. Quelque part en lointaine Lydie. Cette pierre a pris la forme d’une femme. Une femme à la peine inconsolable (Niobé). D’ailleurs, des yeux de la pierre, jaillissent des larmes intarissables.

Car, avant de devenir une héroïne de science-fiction dans un film dystopique, Niobé était une reine. De Thèbes, exactement. Et, je crois que sur cette terre, nulle mortelle n’eut été plus heureuse que cette dernière. Toute la Grèce ne parlait que de Niobé et de son époux, le roi Amphion. Il faut dire que celui-ci jouait de la lyre à la perfection! Quant au père de Niobé, c’était nul autre qu’un certain Tantale!

La reine de Thèbes se trouvait être extrêmement fière de son amitié avec les dieux. Ainsi, le royaume était prospère. Jamais un de ses habitants ne souffrait de faim. Les greniers étaient remplis de céréales. De plus, les troupeaux qui paissaient dans les prés, étaient bien gras. La ville était également très riche. Il y’avait énormément d’or et autres pierres précieuses dans les coffres du palais.

Niobé était comblée. Et, par-dessus tout! Ses sept beaux garçons et ses sept charmantes filles attestaient de son bonheur!

Carré des Niobides – La villa Médicis à Rome
Cratère en calice attique à figures rouges attibué au peintre des Niobides 460 av. J.-C. – Musée du Louvre

Niobé, mythologie grecque, suite…

Fière de cela, Niobé aimait à se pavaner. Elle osa même, dans sa vanité et son orgueil, défier la déesse Léto! Sur ses propres enfants! Je le rappelle ici: la divinité Léto est la mère d’Apollon et d’Artémis! Niobé, sûre d’elle, se vantait d’avoir donné, elle! Naissance à sept garçons et sept filles, donc!

L’impétueuse femme poussa même de pieuses fidèles à se détourner de leur foi envers Léto! Alors, celles-ci quittèrent les autels consacrés à la divinité. Mais, dans leur for intérieur, supplièrent à Léto de pardonner cet affront.

De cela, Niobé ne pouvait se douter. Et Léto, du haut de la montagne, n’avait rien raté de cette piteuse scène. Dont le théâtre se joue à Thèbes!

La déesse, furieuse, convoqua Artémis et Apollon. Dans le but précis de châtier Niobé! La femme qui s’est moquée impudemment d’elle et de ses enfants!

Diane de Versailles, copie romaine d’un original grec du IVe siècle av. J.-C
Statue d’Apollon du parc du château de Champs-sur-Marne

Le courroux de Léto , suite…

Apollon coupa alors la parole à Léto: «Mère, tu ne fais que retarder le châtiment réservé à Niobé!»

Les premières victimes des flèches invisibles décochées par le dieu Apollon furent dirigées vers l’aîné de la fratrie. Son frère suivit. Tous deux galopaient sur des coursiers écumants. En effet, les sept garçons de Niobé s’exerçaient à la guerre et à la lutte.

Je suis clémente! Je vous épargne maintenant l’énumération des trépas causés par la vengeance de Léto!

 

Photo ci-contre: Diane et Apollon perçant de leurs flèches les enfants de Niobé – de Pierre-Charles Jombert – 1772

Apollon, chargé, avec Artémis d’accomplir cette impitoyable mission, continua d’exercer les exigences maternelles. Cependant, il hésita: il ne reste, à ce stade du récit, que le cadet! Mais, la flèche était déjà tirée! C’est de cette façon que Niobé perdit ses sept premiers enfants. Pourtant, elle continua à affronter la déesse Léto! Elle cria en direction du ciel.

«Cruelle Léto, tu peux, à présent, te réjouir de mon chagrin. C’est vrai! J’ai perdu mes sept fils! Mais toi, regardes! Tu n’as que deux enfants! Alors que moi, il me reste sept ravissantes jeunes filles à aimer!

Artémis avec son arc – Le Massacre des Niobides – Copie romaine du milieu du IIe siècle de notre ère. Musée Archéologique d’Héraklion.

Niobé, mythologie grecque, suite…

Niobé

Faut-il être bien bête, ou tellement orgueilleuse! Vous qualifierez cet acte de provocation à votre guise… Toujours est-il qu’après avoir proféré ces stupides paroles, Niobé connut un malheur véritable.

Mais, ce n’est qu’après avoir vu ses six filles mourir, qu’enfin! Elle réalisa. Niobé supplie Léto d’épargner son dernier enfant. Et, à Léto de répondre sèchement.

«Niobé, il n’est plus temps de me supplier et de te repentir! La reine de Thèbes, a subi un tragique destin! Celui de perdre sa dernière fille dans ses bras.

 

Photo ci-contre: Niobé et sa plus jeune fille – Musée des Offices à Florence

Et, vous l’admettrez sûrement. Le bonheur ne se mêle jamais en présence de la mort. Niobé devient immobile: son regard, absent, se projette fixement devant elle. Même ses cheveux sont lourds! C’est ainsi que la vie abandonne Niobé…

Le curieux rocher dont je vous ai parlé précédemment se trouve là. Il nous rappelle ainsi le souvenir de la reine de Thèbes. Elle ne manquait de rien. Avait tout pour être heureuse!

Mais, hélas! C’est l’orgueil de Niobé qui finit par causer sa propre perte!

Quelque part, de nos jours, en Lydie, ce rocher est mué par une douleur incommensurable.

Un sentiment véritable, attestant de la présence d’un cœur. Devenue une simple pierre, Niobé charrie désormais une source de larmes.

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